samedi 28 décembre 2013

Photographier la guerre

Du 6 octobre au 16 novembre 2013, Place Jean Jaurès, devant la Halle aux Grains et la Bibliothèque Abbé Grégoire.

Cette exposition en plein air, installée au cœur du festival et conçue par Sophie Bernard, rédactrice en chef d’Images magazine, se propose de retracer, en une trentaine d’images, un parcours dans le photojournalisme  de guerre depuis Robert Capa et la Guerre d’Espagne. Elle entend présenter l’évolution du genre, dans la prise de vue mais aussi dans les sujets photographiés, tant les actes de guerre que les à-côtés.


Photographier la guerre est aussi un moyen d'en rendre compte, et par là même, de raconter des histoires...


Espagne 1936



France 1944

Algérie 1960

Vietnam 1967

Biafra, Nigéria 1968 -  Israël 1967

Iran 1981

Koweït 1991

Irak 1991

Liberia 1996

Tchétchénie 2000

Etats-Unis 2001

Libye 2011



Ces photos semblent parler d'elles-mêmes...





Marion Touillet et Anne Thibault.



vendredi 20 décembre 2013

Histoires d'Armes, de l'âge du bronze à l'ère atomique.

                                                                                                    
Cette exposition se déroulait au Château royal de Blois, elle a vu le jour grâce au Musée de l'Armée.












Opération Serval.


     Cette exposition a été rendue possible grâce à l'Etablissement de Communication et de Production Audiovisuelle de la Défense. Ces photos nous permettent de voir les soldats dans leur quotidien.










          












Une pensée pour tous les soldats français tombés au Mali.

L'Art Militaire à travers les siècles, Carthage, Waterloo, Verdun.

                     Cette exposition nous était présentée au 3ème étage de la bibliothèque Abbé Grégoire. A travers celle-ci, nous pouvions retrouver les différentes façons de représenter la guerre.

Bataille de Mont-Saint-Jean, plus connue sous le nom de Waterloo
Illustration issue du journal "La baïonette", montrant les français allant au combat.
Illustrations issues du journal "La baïonette", ou l'on voit un pacifiste tentant d'arrêter les obus et une "munitionette".

Y a-t-il une science de la Guerre ?

                 Conférence animée par Alessandro Barbero, professeur à l'université du Piémont Oriental, Gérard Chaliand, spécialiste de l'étude des conflits armés et des relations internationales et stratégiques, Jean Lévi, spécialiste de la Chine et directeur de recherche au CNRS ainsi que Giusto Traina, professeur à l'université de Paris I Panthéon-Sorbonne.

Mr Traina a été le premier à prendre la parole pour tenter de répondre à cette question. Pour lui, nous pouvons parler d'un art de la guerre inculqué aux jeunes aristocrates de l'antiquité afin qu'ils puissent entrer dans la société. L'époque hellénistique apporte un changement dans l'art de la guerre, si ce dernier conserve son sens aristocratique, les différents changements sociaux amènent les citoyens dans l'apprentissage de cet art. On peut dès lors observer une mécanisation progressive de la guerre avec le développement de machines de sièges (poliorcétique) et une augmentation du mercenariat. Les différents traités de stratégies de la période ancienne se concentrent sur les machines, notamment celles de jets. S'il existe à partir de cet instant une formation à l'usage de ces différentes machines, on ne peut cependant pas parler d'une science de la guerre mais d'une technique militaire particulière.

Mr Lévi pense quant à lui que la guerre regroupe des réalités diverses avec ses différents moyens et ses conséquences. Ainsi les guerres archaïques ne sont pas comparables avec les guerres médiévales. La science peut être entendue comme un ensemble de compétences, la guerre est une technique et le maniement des armes est appris à toutes les époques. En Chine, on retrouve des réflexions stratégiques et des ouvrages techniques. Il existe des ouvrages qui expliquent comment détourner les fleuves afin d'inonder une ville. Il existe également des traités de divinations, beaucoup de dirigeants sont d'ailleurs des spécialistes des arts divinatoires et oraculaires. La guerre vue par les chinois se gagne par la connaissance de l'adversaire, pour cela il faut user d'espionnage, de subversion et même de l'élimination du personnel compétent afin de couper la tête de l'adversaire.

Selon Mr Barbero, les spécialistes ont longtemps pensé que les guerres médiévales étaient irréfléchies. Mais les batailles mal conduites existent à toute époque. On peut observer un certain respect des combattants, la guerre est une affaire de ruse et d'expérience. On observe l'émergence d'une psychologie des combattants. Si le conseil de guerre est discrédité par Napoléon, qui prend toutes les décisions en tant que chef de l'armée, il n'en est pas de même au Moyen-Age où il faut discuter.


Pour Mr Chaliand, le modèle du héros est véhiculé à travers l'épopée. La guerre est une activité humaine qui s'est toujours pratiquée et qui se pratiquera toujours. La guerre s'est ritualisée, théorisée par Clausewitz. Les guerres d'aujourd'hui sont irrégulières et les grands pays ne s'affrontent pas par peur d'une guerre nucléaire. La tactique de la guérilla affaiblit l'armée régulière comme les Français l'ont constatée en Indochine. Le secret est de s'adapter à la façon de combattre de l'ennemi, le comprendre. Dès les premières heures de l'humanité, la chasse représente l'apprentissage de la guerre, mais c'est en faisant la guerre qu'on apprend comment elle se fait.  

La statuaire publique sous l'Occupation

             Conférence présentée par Matthieu Chambrion, conservateur du patrimoine, chercheur à la direction de l'inventaire du patrimoine de la Région Centre en charge de l'opération d'inventaire « Statuaire et monuments publics en Région Centre ».

La création des statues commence par l'élaboration par l'artiste d'une esquisse en terre, moulée en plâtre. Ce moule est ensuite agrandit pour donner un plâtre à l'échelle et qui sera ensuite fait en bronze. Pendant la Seconde Guerre Mondiale, la ligne de démarcation passe en région Centre. Cependant, le sort des statues est identique dans toute la France. Pendant l'été 1941, l'Allemagne demande des matières premières dont du cuivre, ce cuivre dont sont composées les statues. La loi du 11 octobre 1941 amène la réquisition des bronzes de la statuaire publique. Des commissions départementales sont constituées pour déterminer les statues sans intérêt artistique ou historique. Selon Vichy, seules les statues des gloires nationales incontestables comme Jeanne d'Arc, Henry IV, Louis XIV et Napoléon doivent être conservées. Les statues servent à fondre des balles, Vichy disait qu'il s'agissait du salut public et national. Plus de trois millions de kilos de cuivre sont récupérés des statues et vingt millions de kilos dans la viticulture (alambic, sulfate de cuivre). Les belges choisissent de faire fondre leur cloches. Les documents d'archives rendent compte de tableaux, de listes, de correspondances qui expliquent les causes pour garder certaines statues, les comptes-rendus de pesée qui servent à la ville pour se faire payer. Chaque kilo de cuivre vaut trente francs. Une loi de juin 1940 interdisait de photographier ou de filmer dans les villes, les rares vidéos ou photos qui montrent le démontage des statues sont donc prises clandestinement. Une fois les statues enlevées, on en fait un moulage en plâtre. Il y a des disparités selon les villes, Chinon parvient à conserver tous ses bronzes, Orléans en perd la moitié alors que la ville de St Christophe sur le Nais perd la totalité de ses bronzes. L’État redonne des moulages ou des sculptures en pierre pour remplacer les statues en bronze. Certaines statues sont refaites mais pas sur la base du moulage effectué.


Pour conclure, l'Occupation fait perdre à la France beaucoup d’œuvres d'art. Cependant, grâce au courage de certains, d'autres ont été cachées et sauvées. 

Le Mali, un enjeu stratégique.

                    Conférence avec Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense et Natalie Nougayrède, directrice du journal Le Monde.

Mr Le Drian commence par rappeler que les soldats français se battent au corps à corps dans le nord du Mali, certains y ont même laissé la vie. Les soldats au sol reçoivent l'aide des avions Rafale et des drones qui leur communiquent des images. Le service historique de la Défense fournit des cartes détaillées aux militaires.

Mme Nougayrède : Lorsque l'on parle de la guerre en France il y a une notion humanitaire d'aide aux populations civiles en périls. L'argument humanitaire est le plus convaincant pour la population et le plus facile à porter pour les politiques. L'intervention au Kosovo est présentée comme humanitaire. Cependant, les enjeux de sécurité et de stabilisation de cette partie de l'Europe ont été moins étalés. L'intervention au Mali devait servir à porter secours à des populations mais également à sécuriser des affaires. La France dit être prête à intervenir en Syrie pour limiter l'utilisation des armes chimiques, le vocabulaire moins humanitaire a compliqué la situation vis à vis de la population.

Mr Le Drian : La France n'est pas prête à engager la vie de ses soldats dans une opération humanitaire. De multiples déclarations ont été faites pour faire stopper les massacres en Syrie, l'opinion publique n'a jamais été favorable à une intervention strictement humanitaire. L'utilisation d'armes chimiques est une attaque aux principes fondamentaux de vie sur la planète. Une opération est donc en cours pour détruire tout le matériel chimique. Pourquoi la France ? Car elle fait partie du Conseil de Sécurité de l'ONU et parce que nous avons les moyens de le faire. Sur le même territoire, il y a une guerre civile et des fondamentalismes qui entrent en jeu. Mr Hollande dit avoir gagné la guerre au Mali, le mot guerre est mal vu, nous avons remporté la victoire car nous avons rempli les objectifs que nous nous étions fixés, à savoir : arrêter les djihadistes, retrouver l'intégrité territoriale du Mali et aider la démocratie à se relever. Il y a trois conditions pour déclarer la guerre, la légitimité de l'action (une action engagée correspond à la charte des Nations Unies), l'aspect moral de l'action et enfin la sécurité. La guerre n'est pas un acte ni technique, ni médiatique, elle engage la nation.

Mme Nougayrède : La France est une gardienne du temple de l'ONU, elle serait d'accord pour renoncer au droit de veto selon Laurent Fabius.

Mr Le Drian : Le problème du droit de veto est qu'il nous empêche d'agir. Le chef de l’État peut être amené à prendre des décisions sans tenir compte de l'avis de la nation. La France a des capacités comme la dissuasion nucléaire, nous étions seuls au Mali au début, mais nos capacités nous ont permis d'imposer nos obligations.

Mme Nougayrède : La France n'a t-elle pas agit car il s'agissait d'une ancienne colonie ?


Mr Le Drian : Nous sommes intervenus suite à un appel au secours des autorités maliennes.