vendredi 20 décembre 2013

Histoires d'armes, de l'âge du bronze à l'ère atomique.

               Cette conférence était animée par Françoit Cochet, professeur des universités, François Lagrange, Christophe Larribère, Olivier Reneaudeau et Jean-Marie Van Hove.

François Cochet travaille sur les prisonniers de guerre, les soldats sans armes. Car c'est bien la possession d'une arme qui caractérise le fait d'être un soldat, l'arme est un outil de survie. Ce qui ramène à des questions philosophiques comme la nécessité de tuer pour éviter d'être tué. Le but de la guerre est de tuer pour gagner. La possession d'une arme est liée à la condition militaire, à la mort donnée et reçue. Un rapport au sacré s'institue à travers l'arme. La brutalisation des champs de bataille amène une réflexion sur les armes, sur les rapports entre les soldats et leurs armes. Les armes ont une mauvaise image en France alors qu'il s'agit d'un outil. On doit comprendre comment elles ont évolué. Les bureaux d'études conçoivent les armes, leur fabrication soulève des questions économiques. Dans certains cas, les armes deviennent des emblèmes nationaux, on retrouve une kalachnikov sur le drapeau du Mozambique. En premier lieu, l'arme doit être fiable, mais il y a également son utilisateur. Les manières dont les utilisateurs parlent de leurs armes sont très intéressantes. Un soldat qui va être fait prisonnier préfère briser son arme plutôt que de la laisser à l'ennemi. Olivier Reneaudeau est spécialiste des armes anciennes et il établit le constat qu'il y a peu de différences entre les armes anciennes et contemporaines. On observe une constante du combat au corps à corps, les combattants se battent comme ceux de l'époque néolithique. Le combat oppose également différentes classes sociales, les cavaliers qui doivent payer leur équipement combattent les fantassins qui sont souvent issus des classes modestes. Les combattants roturiers doivent trouver des techniques de combat pour résister aux impacts tant physiques que psychologiques des cavaliers. Le corps d'infanterie doit être compact, utiliser des piques pour lutter contre les chevaux. A partir de cet instant, un renversement social s'opère, les fantassins prennent le pas sur les cavaliers. Ce n'est qu'à partir du XVIIème siècle que les armes à feu prennent forme au niveau tactique. Les armes à feu sont moins chères que les arbalètes et elles ne changent pas l'exercice de la guerre. Néanmoins, l'artillerie utilisée contre l'infanterie ouvre la voie à de nouvelles techniques. Certaines armes expriment l'appartenance sociale de leur propriétaire, les armes ornées et décorées.


Pour Mr Cochet, certaines armes ont mauvaise réputation. A partir de cet instant se pose la question de la fiabilité, les français n'aiment pas les fusils mitrailleurs chauchat. A l'inverse, les soldats donnent des surnoms à certaines armes dans lesquelles ils placent leur confiance. Les soldats français en Algérie étaient rassurés d'entendre les tirs des canons de 12,7mm. On peut donc constater le niveau de perception mentale qu'ont les armes sur les combattants. Pour Mr Reneaudeau, l'arbalète permet une meilleure visée car elle permet de prendre son temps pour viser. Cette arme rompt les privilèges sociaux, un roturier peut tuer un noble à 200 mètres. Si ces armes sont dépréciées pour les combats entre chrétiens, elles sont autorisées pour combattre les infidèles. On observe les mêmes reproches faits à l'arquebuse au début de son utilisation. Les cavaliers s'équipent au fur et à mesure de pistolets puis de carabines. Mr Larribere évoque à présent la Kalachnikov comme étant l'arme du XXème siècle, elle est devenue une icône populaire. Cette arme a été conçue pour être fiable et simple d'utilisation afin d'être utilisée par un maximum de personnes. Mr Van Hove fait remarquer qu'il s'agit d'une arme extrêmement robuste et tant que l'on continuera à utiliser ce type de munition que sont les balles chemisées, les kalachnikovs ne cesseront pas de fonctionner. Mr Cochet rappelle que les kalachnikovs sont des répliques des STG 44 allemands, qu'elles sont l’icône de la guerre froide et également qu'elles renvoient à l'implosion de l'URSS et à l'ouverture et à la propagation du stock soviétique qu'il y a eu par la suite. Ces armes ont une image symbolique forte, c'est l'arme par excellence de la guérilla et des conflits asymétriques. 

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