vendredi 20 décembre 2013

De la guerre comme affrontement historiographique

                Cette conférence nous a été présentée par Damien Baldin de la Mission de Centenaire de la Première Guerre Mondiale, André Loez, professeur en classes préparatoires à Paris et membre du CRID 14-18, Nicolas Mariot, chargé de Recherches au CNRS, Hervé Mazurel, maître de conférence à l'université de Bourgogne et Emmanuel Saint-Fuscien, maître de conférence EHESS.


Pour Damien Baldin, il faut faire une histoire culturelle de la Grande Guerre. Pour André Loez, l'histoire sociale a supplanté l'histoire culturelle. Les travaux des années 70 sur la Grande Guerre sont des thèses d'histoires sociales. Par la suite on observe des interrogations sur la vie après la bataille, le deuil et la souffrance. Mr Saint-Fuçien utilise une étude de cas sur les tribunaux militaires qui font respecter l'autorité des chefs vis-à-vis des soldats du rang. Il s'agit donc d'une justice de classe tempérée par l'expérience guerrière. Les différents registres de langage et les insultes font ressortir l'origine sociale. Il s'agit donc d'évoquer les relations de pouvoir et d'autorité dans lesquelles sont placés les soldats. André Loez rappelle que c'est la relation avec l'arrière qui permet aux soldats de tenir. Hervé Mazurel rapporte les propos de Marc Bloch : « toute histoire est sociale ». Dans les années 70, l'histoire économique et sociale connaît une crise, le lien social est très important, on étudie la vision des hommes par rapport à des phénomènes comme la mort. Au XIXème et au XXème siècles, l'Europe fait la guerre et l'exporte aux autres. Il y a une rencontre entre les guerriers et leurs différentes cultures. Chaque société a sa manière de combattre et a son modèle de guerrier. L'histoire culturelle ne peut pas se laisser réduire à une histoire des représentations. Pour Nicolas Mariot, il s'agit d'étudier les mêmes matériaux mais de les analyser de manières différentes. Le travail est donc différent. On peut observer un glissement du groupe vers l'individu. Pour André Loez, la guerre est le moment pour faire de l'histoire sociale car elle produit des sources. La guerre révèle des choses qui sortent du commun, mais permet également de voir des choses qui semblent ordinaires à l'homme. Hervé Mazurel tient cependant à rappeler que de nombreuses données sont à prendre en compte comme l'appartenance relationnelle, politique ou encore territoriale. 

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