vendredi 20 décembre 2013

La statuaire publique sous l'Occupation

             Conférence présentée par Matthieu Chambrion, conservateur du patrimoine, chercheur à la direction de l'inventaire du patrimoine de la Région Centre en charge de l'opération d'inventaire « Statuaire et monuments publics en Région Centre ».

La création des statues commence par l'élaboration par l'artiste d'une esquisse en terre, moulée en plâtre. Ce moule est ensuite agrandit pour donner un plâtre à l'échelle et qui sera ensuite fait en bronze. Pendant la Seconde Guerre Mondiale, la ligne de démarcation passe en région Centre. Cependant, le sort des statues est identique dans toute la France. Pendant l'été 1941, l'Allemagne demande des matières premières dont du cuivre, ce cuivre dont sont composées les statues. La loi du 11 octobre 1941 amène la réquisition des bronzes de la statuaire publique. Des commissions départementales sont constituées pour déterminer les statues sans intérêt artistique ou historique. Selon Vichy, seules les statues des gloires nationales incontestables comme Jeanne d'Arc, Henry IV, Louis XIV et Napoléon doivent être conservées. Les statues servent à fondre des balles, Vichy disait qu'il s'agissait du salut public et national. Plus de trois millions de kilos de cuivre sont récupérés des statues et vingt millions de kilos dans la viticulture (alambic, sulfate de cuivre). Les belges choisissent de faire fondre leur cloches. Les documents d'archives rendent compte de tableaux, de listes, de correspondances qui expliquent les causes pour garder certaines statues, les comptes-rendus de pesée qui servent à la ville pour se faire payer. Chaque kilo de cuivre vaut trente francs. Une loi de juin 1940 interdisait de photographier ou de filmer dans les villes, les rares vidéos ou photos qui montrent le démontage des statues sont donc prises clandestinement. Une fois les statues enlevées, on en fait un moulage en plâtre. Il y a des disparités selon les villes, Chinon parvient à conserver tous ses bronzes, Orléans en perd la moitié alors que la ville de St Christophe sur le Nais perd la totalité de ses bronzes. L’État redonne des moulages ou des sculptures en pierre pour remplacer les statues en bronze. Certaines statues sont refaites mais pas sur la base du moulage effectué.


Pour conclure, l'Occupation fait perdre à la France beaucoup d’œuvres d'art. Cependant, grâce au courage de certains, d'autres ont été cachées et sauvées. 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire