vendredi 20 décembre 2013

Le Mali, un enjeu stratégique.

                    Conférence avec Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense et Natalie Nougayrède, directrice du journal Le Monde.

Mr Le Drian commence par rappeler que les soldats français se battent au corps à corps dans le nord du Mali, certains y ont même laissé la vie. Les soldats au sol reçoivent l'aide des avions Rafale et des drones qui leur communiquent des images. Le service historique de la Défense fournit des cartes détaillées aux militaires.

Mme Nougayrède : Lorsque l'on parle de la guerre en France il y a une notion humanitaire d'aide aux populations civiles en périls. L'argument humanitaire est le plus convaincant pour la population et le plus facile à porter pour les politiques. L'intervention au Kosovo est présentée comme humanitaire. Cependant, les enjeux de sécurité et de stabilisation de cette partie de l'Europe ont été moins étalés. L'intervention au Mali devait servir à porter secours à des populations mais également à sécuriser des affaires. La France dit être prête à intervenir en Syrie pour limiter l'utilisation des armes chimiques, le vocabulaire moins humanitaire a compliqué la situation vis à vis de la population.

Mr Le Drian : La France n'est pas prête à engager la vie de ses soldats dans une opération humanitaire. De multiples déclarations ont été faites pour faire stopper les massacres en Syrie, l'opinion publique n'a jamais été favorable à une intervention strictement humanitaire. L'utilisation d'armes chimiques est une attaque aux principes fondamentaux de vie sur la planète. Une opération est donc en cours pour détruire tout le matériel chimique. Pourquoi la France ? Car elle fait partie du Conseil de Sécurité de l'ONU et parce que nous avons les moyens de le faire. Sur le même territoire, il y a une guerre civile et des fondamentalismes qui entrent en jeu. Mr Hollande dit avoir gagné la guerre au Mali, le mot guerre est mal vu, nous avons remporté la victoire car nous avons rempli les objectifs que nous nous étions fixés, à savoir : arrêter les djihadistes, retrouver l'intégrité territoriale du Mali et aider la démocratie à se relever. Il y a trois conditions pour déclarer la guerre, la légitimité de l'action (une action engagée correspond à la charte des Nations Unies), l'aspect moral de l'action et enfin la sécurité. La guerre n'est pas un acte ni technique, ni médiatique, elle engage la nation.

Mme Nougayrède : La France est une gardienne du temple de l'ONU, elle serait d'accord pour renoncer au droit de veto selon Laurent Fabius.

Mr Le Drian : Le problème du droit de veto est qu'il nous empêche d'agir. Le chef de l’État peut être amené à prendre des décisions sans tenir compte de l'avis de la nation. La France a des capacités comme la dissuasion nucléaire, nous étions seuls au Mali au début, mais nos capacités nous ont permis d'imposer nos obligations.

Mme Nougayrède : La France n'a t-elle pas agit car il s'agissait d'une ancienne colonie ?


Mr Le Drian : Nous sommes intervenus suite à un appel au secours des autorités maliennes.

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