Cette conférence nous a été présentée par le
colonel Durieux qui a fait sa thèse sur : Clausewitz en France
1807-2007. Son intervention débute par une question : Qu'est ce
que la guerre ? Afin de répondre à cette question qui porte de
nombreux sens, il s'agit de réfléchir sur la conception de la
guerre depuis 200 ans. Aborder la guerre c'est dans un premier
aborder son concept. Avant de commencer il est nécessaire de dire
que Clausewitz a été très commenté, critiqué et étudié. Il est
intéressant de l'étudier car il possède trois caractéristiques
importantes : c'est un soldat qui connaît le combat, qui est
officier à l'âge de 13 ans, c'est également un observateur et un
témoin du monde politique car il est l'aide de camp du Prince
Auguste de Prusse, pour finir, il s'agit d'un observateur de la
guerre qui change. En effet, la guerre réglée laisse sa place à la
guerre des peuples. Clausewitz est un théoricien qui passe à
l'académie de guerre de Berlin de 1801 à 1804 et qui en sera le
directeur administratif de 1818 à 1830. Il meurt en 1831 en campagne
après avoir contracté le choléra.
Sa pensée peut être concentrée
en trois thématiques, l'analyse de l'affrontement militaire à
travers le rôle de l'homme dans la guerre, l'analyse de ce que doit
être la guerre en relation avec son environnement politique et le
rôle des passions dans la guerre. Clausewitz révèle l'histoire de
notre pensée sur la guerre et les peurs stratégiques qui ont
marquées son histoire. Les guerres napoléoniennes ont brisé l'élan
d'une réflexion sur la guerre qui se renouvelait. L'idée du concept
d'incertitude, l'importance du moral, tout tourne autour des guerres
napoléoniennes dont Clausewitz est un historien. La peur de la
défaite militaire de 1871 a été le fil conducteur de la pensée de
la guerre jusqu'en 1930. Clausewitz joue trois rôles pour les
lecteurs qui le citent ou l'instrumentalisent, il est le représentant
de l'école allemande de la guerre, le commentateur des campagnes
napoléoniennes et le professeur en énergie guerrière que l'on
cherche à s'accaparer. Les français associent la défaite de 1870
au manque de persévérance, Clausewitz est le révélateur de
l'opinion publique sur la guerre. A partir de 1887, il trouve sa
place dans les cours de stratégie et on observe une traduction
importante de ses œuvres. A partir de 1918, Clausewitz est critiqué,
on fait le procès de l'école de guerre et on condamne le Clausewitz
militaire. A partir des années 30, on observe une peur de la guerre
incontrôlable, le Clausewitz des forces morales disparaît. Peut on
distinguer guerre et politique ? Les marxistes réintroduisent
Clausewitz à la fin de la Seconde Guerre Mondiale et l'utilisent
pour penser la guerre dans la société. A partir de la réflexion de
Clausewitz naissent de nouvelles thématiques, Raymond Aaron qui
définit la violence physique comme le caractère discriminant de la
guerre, mais également ce que doit être la guerre, les moyens de la
limiter... Le concept de guerre limitée de Clausewitz est condamné
par l'apparition de la guerre nucléaire.
Depuis 1990, on observe un retour de l'incertitude
autour de la guerre, un renouveau clausewitzien très étudié après
la guerre du Vietnam. Cette incertitude montre que le débat
clausewitzien n'est pas clos et relance les débats sur les
différentes stratégies en Europe et aux USA. Se pose également la
question du rôle de la technologie dans la guerre. La guerre
cybernétique est elle une vraie guerre ? Clausewitz met en
garde contre les excès de la guerre, ces guerres qui peuvent être
limitées et même évitées.
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