vendredi 20 décembre 2013

Clausewitz, la France et la guerre.


                   Cette conférence nous a été présentée par le colonel Durieux qui a fait sa thèse sur : Clausewitz en France 1807-2007. Son intervention débute par une question : Qu'est ce que la guerre ? Afin de répondre à cette question qui porte de nombreux sens, il s'agit de réfléchir sur la conception de la guerre depuis 200 ans. Aborder la guerre c'est dans un premier aborder son concept. Avant de commencer il est nécessaire de dire que Clausewitz a été très commenté, critiqué et étudié. Il est intéressant de l'étudier car il possède trois caractéristiques importantes : c'est un soldat qui connaît le combat, qui est officier à l'âge de 13 ans, c'est également un observateur et un témoin du monde politique car il est l'aide de camp du Prince Auguste de Prusse, pour finir, il s'agit d'un observateur de la guerre qui change. En effet, la guerre réglée laisse sa place à la guerre des peuples. Clausewitz est un théoricien qui passe à l'académie de guerre de Berlin de 1801 à 1804 et qui en sera le directeur administratif de 1818 à 1830. Il meurt en 1831 en campagne après avoir contracté le choléra.

Sa pensée peut être concentrée en trois thématiques, l'analyse de l'affrontement militaire à travers le rôle de l'homme dans la guerre, l'analyse de ce que doit être la guerre en relation avec son environnement politique et le rôle des passions dans la guerre. Clausewitz révèle l'histoire de notre pensée sur la guerre et les peurs stratégiques qui ont marquées son histoire. Les guerres napoléoniennes ont brisé l'élan d'une réflexion sur la guerre qui se renouvelait. L'idée du concept d'incertitude, l'importance du moral, tout tourne autour des guerres napoléoniennes dont Clausewitz est un historien. La peur de la défaite militaire de 1871 a été le fil conducteur de la pensée de la guerre jusqu'en 1930. Clausewitz joue trois rôles pour les lecteurs qui le citent ou l'instrumentalisent, il est le représentant de l'école allemande de la guerre, le commentateur des campagnes napoléoniennes et le professeur en énergie guerrière que l'on cherche à s'accaparer. Les français associent la défaite de 1870 au manque de persévérance, Clausewitz est le révélateur de l'opinion publique sur la guerre. A partir de 1887, il trouve sa place dans les cours de stratégie et on observe une traduction importante de ses œuvres. A partir de 1918, Clausewitz est critiqué, on fait le procès de l'école de guerre et on condamne le Clausewitz militaire. A partir des années 30, on observe une peur de la guerre incontrôlable, le Clausewitz des forces morales disparaît. Peut on distinguer guerre et politique ? Les marxistes réintroduisent Clausewitz à la fin de la Seconde Guerre Mondiale et l'utilisent pour penser la guerre dans la société. A partir de la réflexion de Clausewitz naissent de nouvelles thématiques, Raymond Aaron qui définit la violence physique comme le caractère discriminant de la guerre, mais également ce que doit être la guerre, les moyens de la limiter... Le concept de guerre limitée de Clausewitz est condamné par l'apparition de la guerre nucléaire.


Depuis 1990, on observe un retour de l'incertitude autour de la guerre, un renouveau clausewitzien très étudié après la guerre du Vietnam. Cette incertitude montre que le débat clausewitzien n'est pas clos et relance les débats sur les différentes stratégies en Europe et aux USA. Se pose également la question du rôle de la technologie dans la guerre. La guerre cybernétique est elle une vraie guerre ? Clausewitz met en garde contre les excès de la guerre, ces guerres qui peuvent être limitées et même évitées. 

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