Le Merdier (Go tell
the Spartans), réalisé par Ted POST, Etats-Unis, 1978.

Un film présenté par Bertrand TAVERNIER, réalisateur :
« Ted
Post est un des meilleurs réalisateurs des années cinquante. Pour Le
Merdier, il va commencer à écrire son scénario spontanément, sans avoir
reçu de commande pour un film. Il va se passer dix ans avant qu’il puisse le
réaliser, car sans cela, il aurait été le premier film tourné sur la guerre du
Vietnam, avant Platoon. »
« Ce réalisateur a d’autant plus de
mérite qu’il tournait son film dans des conditions très difficiles, non au
Vietnam mais en Californie, à près de cent mètres d’un parc d’attraction. Ted
Post va faire un véritable miracle, il va réussir à tourner quelque chose de
formidable. »
« Il s’agit d’un film qui parle
d’une époque que le cinéma américain n’a pratiquement pas abordé. Tout est dit
dans le ton du film, les rapports entre les Américains et le Vietnam, le poids
de l’Histoire, la fatalité qui va progressivement tout gangréner. »
« Ted Post a fait preuve d’une
écriture magnifique, une écriture dramaturgique excellente, où la mise en scène
arrive à la fois à faire passer et l’urgence et le désespoir. »
Résumé du
film :
En
1964, le commandant Barker dirige une équipe de conseillers militaires
américains détachés dans une province du Sud-Viêtnam. Son supérieur, le général
Harnitz, lui demande de faire réoccuper un village à l'abandon nommé Muc Wa, où
les Français s'étaient déjà battus pendant la précédente guerre d'Indochine.
Embarrassé par cette mission et par le manque de troupes disponibles, le
commandant Barker n'a d'autre possibilité que d'affecter des moyens dérisoires
à la garnison de Muc Wa : un groupe d'une vingtaine de travailleurs civils
vietnamiens, auquel on a confié des fusils de chasse, un détachement de
militaires sud-vietnamiens, dirigés par un sergent autochtone,
les
nouvelles recrues américaines, fraîchement arrivées au Viêtnam ou y ayant déjà
trop longuement servi... Le tout est placé sous le commandement du
sous-lieutenant Hamilton, jeune officier complètement inexpérimenté. Les
rebelles vietcongs vont soudain montrer de l'intérêt pour la petite place de
Muc Wa, qui sera notamment harcelée au mortier puis attaquée par un bataillon
d'infanterie...Le général Harnitz, ayant appris qu'une attaque encore plus
puissante allait être lancée contre Muc Wa, décide finalement de faire évacuer
le personnel américain par hélicoptère. Cela n'est pas du goût du caporal
Courcey, qui refuse d'abandonner les civils et les partisans vietnamiens à leur
sort.
Le film
décrit au moyen d'un épisode mineur les conditions de l'engrenage qui mènera
les États-Unis à leur engagement massif au Viêtnam : très forte sous-estimation
de l'adversaire, mépris arrogant pour leurs malchanceux prédécesseurs français
et leurs supplétifs locaux très expérimentés, aveuglement devant les
différences avec la Corée. Des facteurs auxquels les dirigeants politiques et
chefs militaires américains ne trouveront d'autre réponse qu'un accroissement
massif de leurs moyens matériels ; mais le Viêtnam sera finalement évacué comme
le poste confié à Barker.
Anne
Thibault et Margaux Degrenne
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